Article La Nouvelle République 26/10/2023

Comment ces entreprises blésoises promeuvent le vélotaf

Boulevard de l’Industrie, où les entreprises sont nombreuses, les utilisateurs du vélo disposent d’une piste cyclable refaite.

Boulevard de l’Industrie, où les entreprises sont nombreuses, les utilisateurs du vélo disposent d’une piste cyclable refaite.© (Photo NR, Jérôme Dutac)

Face aux enjeux environnementaux, différentes entreprises ont pris des mesures pour encourager leurs salariés à utiliser le vélo pour venir au travail. Exemple à Blois avec Chiesi, la CPAM et Phinia.

Pratiquer le vélotaf – entendez aller au travail à vélo – voilà une démarche saine ! Prendre sa bicyclette plutôt que sa voiture a en effet son lot d’avantages à une époque de dérèglement climatique (lire ci-dessous). Pour favoriser l’usage de ce doux deux-roues, la Ville de Blois et l’Agglo ont lancé un plan vélo. Les entreprises aussi ont leur rôle à jouer.

Des kilomètres à vélo « convertis » en euros

Et elles disposent d’outils, comme le forfait mobilités durables. Il leur offre la possibilité d’attribuer une indemnité exonérée de cotisations aux salariés privilégiant les moyens de transports doux.

 

À Blois, elles sont plusieurs à s’être saisi de cette possibilité comme la CPAM. « Nous proposions déjà depuis plusieurs années l’Indemnité kilométrique vélo (IKV), indique Romain Francisco, responsable des ressources humaines de l’entreprise publique, dont le siège départemental est situé au nord ouest de Blois. Avant l’été, on a refondu cet IKV dans notre nouvel accord incitant les salariés à entrer dans une démarche de mobilité durable. Toute personne qui utilise son vélo peut recevoir jusqu’à 125 € de prime par trimestre. »

Même chose pour les personnes qui utilisent le covoiturage et la trottinette électrique. « Sur les 190 salariés travaillant au siège à Blois, seuls deux ou trois cyclistes demandaient leur IKV l’an passé. Ils sont désormais six ou sept à prétendre au nouveau dispositif. Côté covoiturage, quinze se sont signalés. »

 

À la CPAM, les salariés disposent des installations nécessaires.

À la CPAM, les salariés disposent des installations nécessaires.© (Photo NR, Jérôme Dutac)

À La Chaussée Saint-Victor, le site du laboratoire pharmaceutique Chiesi accordait aussi depuis plusieurs années une prime allant jusqu’à 200 € aux utilisateurs de vélo. Dans cette entreprise de 200 salariés, huit d’entre eux en ont profité l’an dernier.

Et « depuis le 1er janvier 2023, la prime a été réévaluée à 500 € et étendue aux usagers de la trottinette électrique », souligne Franck Vilijn, directeur industriel. « C’est à la fois une reconnaissance pour nos salariés qui utilisent leur vélo, et une incitation pour ceux qui ne le font pas encore. »  C’est aussi « une mesure d’équité » : depuis des années, les entreprises doivent rembourser 50 % des frais de transport des salariés utilisateurs des transports en commun.

Ateliers réparation et garages à vélo

Chez Phinia (ex-BorgWarner et Delphi) boulevard de l’Industrie, on n’attribue pas encore de primes aux salariés arrivant au travail à vélo. Mais « il y a deux ans, l’entreprise a refait un parc vélo neuf de 120 places, indique Yohann Krieger, délégué CFDT et membre du CE de l’entreprise. On réfléchit aussi à mettre en place un représentant des salariés cyclistes. Et une fois par an nous faisons une sensibilisation à la sécurité routière. »

Même chose du côté de la CPAM et de Chiesi. Cette dernière a même fait venir sur son site récemment l’association blésoise Vélo 41, pour des ateliers réparation ouverts aux salariés. « Ils sont dix-huit à avoir participé », souligne le directeur, dont l’entreprise a même installé une mini-station de réparation à côté de l’abri vélo, « avec une pompe et des clés ».

Le bémol de la sécurité

Bien sûr, des freins à l’usage du vélo subsistent. « Nous avons réalisé il y a peu une étude : c eux de nos salariés qui ne prennent pas le vélo citaient comme raisons principales le fait de devoir emmener les enfants à l’école, mais aussi le manque de sécurité », se souvient Romain Francisco, de la CPAM. Mais, même sur ce dernier sujet les entreprises peuvent agir.

Par exemple boulevard de l’Industrie devant Phinia, « une portion de piste cyclable vient d’être refaite. C ela faisait un moment qu’on faisait régulièrement remonter cette demande », souligne Yohann Krieger, qui constate dans son entreprise « un garage à vélo qui ne désemplit pas, avec entre 80 et 100 salariés cyclistes sur les 850 ».

Nécessaire volontarisme

Chez Chiesi, on espère aussi obtenir des avancées grâce au Cercle des entreprises chausséennes, association à laquelle elle adhère. « On a une commission transports et on discute avec l’Agglo et la CCI. »

Une chose est sûre, pour que les choses avancent en termes d’usage de la bicyclette, direction et salariés doivent faire preuve de volontarisme. « Depuis 2021, on est Entreprise à mission, l’un de nos objectifs est d’agir pour la planète, souligne d’ailleurs Franck Vilijn. Par ailleurs, le vélo est bon pour la planète mais aussi pour la santé des salariés. »

Sur son site, le coût 2023 des mesures favorisant l’usage du vélo s’élève à 7.000 €. « Cela reste significatif », souligne le directeur. Mais, « l’objectif prioritaire est le changement des mentalités et habitudes de vie ». À suivre donc.

Alexis Couturier